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Réseau d'observation de mammifères marins
 
 
 

La pollution

La vastitude du milieu marin le rend particulièrement vulnérable à la pollution en raison du fait qu'elle nous donne l'impression que lorsqu'un objet ou une substance est jeté dans la mer, il disparaît à jamais. Toutefois, tel n'est pas le cas, loin de là… La pollution touche l'air, la terre, les fleuves et les mers. Elle menace de façon sérieuse l'avenir des baleines et des phoques. Les déchets industriels et urbains (eaux usées, pesticides, débris, produits toxiques), les marées noires, les pluies acides et bien d'autres sources de pollution mettent les mammifères marins en danger. Découvrons-les plus en détails…

LA POLLUTION PAR LES DÉCHETS SOLIDES
Le milieu terrestre est un milieu où les matières polluantes solides sont très nombreuses puisque c'est le lieu où vivent les humains. L'Homme étant un grand consommateur, tous les produits achetés et fabriqués se retrouvent un jour ou l'autre dans les dépotoirs ou ailleurs. Trop de gens prennent encore la mer pour un dépotoir, en ayant la conscience tranquille en regardant leurs déchets s'en aller vers le large. Il s'avère important de toujours se rappeler que la mer n'est pas infinie et que les déchets s'y accumulent.
 

Les débris marins (cordages, canettes, mégots, boîtes pour restauration-minute et une panoplie sans fin de débris jetés à la mer) s'accumulent dans nos mers et sur nos plages. La majorité de ces débris étant non biodégradables, ils restent dans l'environnement marin pendant des années. Un simple sac de plastique peut sembler inoffensif. Pourtant, il ne l'est pas, bien au contraire. En effet, un sac de plastique ou encore un ballon que l'on laisse s'échapper dans les airs représentent de grands dangers pour les animaux marins tels que les baleines, les phoques et les tortues de mer. Ces animaux peuvent confondre un sac de plastique avec une méduse (voir photo) et ainsi l'ingérer. Ce dernier se retrouve alors prisonnier de la paroi stomacale et l'animal peut mourir faute de pouvoir digérer normalement, car ces matériaux obstruent leurs intestins. Ce type d'incident est malheureusement très fréquent chez ces animaux. D'innombrables phoques, baleines et oiseaux se blessent ou meurent chaque année parce qu'ils s'enchevêtrent dans le matériel de pêche, les portes-canettes de plastique et autres déchets flottants.

LA POLLUTION DE L'AIR 
La pollution de l'air est, comme les autres pollutions, une atteinte à la pureté de l'air et à l'intégrité du fonctionnement de l'atmosphère. Plus précisément, la pollution atmosphérique correspond à la présence dans l'atmosphère d'une ou de plusieurs substances à des concentrations suffisantes pour créer un effet toxique (ex. : pluies acides). Jusqu'à preuve du contraire, les produits chimiques rejetés par les cheminées industrielles et par toute autre source polluante ne restent pas dans l'atmosphère ; certaines de ces matières finissent par retomber sur la terre et dans les océans par le biais des précipitations (pluie, neige, giboulées et grêle). En effet, une fois rendus dans les airs, certains produits réagissent à la température ambiante relativement froide, au taux d'humidité, etc. et s'associent aux particules d'eau dans les nuages pour former les précipitations qui retomberont sur le sol. Ces matières polluantes peuvent également retomber par voie sèche, où certains gaz peuvent se transformer en acide au contact de l'eau.
 
Les précipitations acides causent davantage de problèmes lorsqu'elles tombent sur des milieux qui sont naturellement neutres ou encore naturellement acides. À ce moment, aucun procédé ne peut neutraliser la venue de cet ajout d'acidité.
 
Les dépôts acides proviennent principalement du dioxyde de souffre (SO2) et d'oxydes d'azote (NOx) qui se transforment en polluants secondaires secs ou humides tels que l'acide sulfurique (H2SO4) et le nitrate d'ammonium (NH4NO3) et autres. Le SO2 est un sous-produit de procédés industriels et de la combustion de combustibles fossiles (tels que le pétrole et le charbon). Au Canada, selon une étude réalisée en 2000, on considère qu'il y a 68 % du SO2 qui est d'origine industrielle, 27 % qui provient des services publics d'électricité, 4 % qui provient du transport, 2 % qui provient de la combustion de carburant et 0,1 % d'autres origines. Quant au NOx, on dit qu'il provient principalement des transports (à 60 %) et on considère que les industries en produisent pour environ 25 % du total, suivi des services publics d'électricité avec 11 % et de la combustion de carburant à raison de 3 %. Les autres sources correspondent à seulement 1 % du total.
LA POLLUTION CHIMIQUE DE L'EAU PAR DIVERSES SUBSTANCES
De nombreux produits chimiques sont rejetés dans les océans. Les courants marins les répandent d'un bout à l'autre de la planète. Ces produits proviennent de diverses sources.
 
Des polluants industriels sont rejetés dans nos eaux. Ce sont des métaux lourds comme le mercure, le plomb et d'autres produits chimiques toxiques. Ces contaminants y demeurent pendant des années et s'accumulent dans le corps des espèces sauvages et des êtres humains. Ils peuvent causer le cancer, des dommages au foie, des problèmes de reproduction et des malformations congénitales.
 
Les déchets domestiques dangereux, comme les peintures, les diluants, les pesticides, les désinfectants, les nettoyeurs à base d'agents de blanchiment ou d'ammoniaque et les produits chimiques corrosifs contenus dans les produits à nettoyer les fours et les tuyaux d'évacuation se retrouvent dans les décharges et les égouts pluviaux, s'infiltrant dans l'eau de surface puis dans les lacs, les rivières et les océans.
 
Les égouts municipaux, contenant des déjections humaines, de l'eau de ruissellement et des polluants toxiques, s'écoulent dans l'eau à raison de milliards de litres par jour — dont environ 20 % ne sont pas traités.
 
Le ruissellement agricole, contenant des pesticides, des fertilisants et du fumier, s'infiltre dans les ruisseaux et se déverse dans la mer. Les phosphates et les nitrates, contenus dans les fertilisants et le fumier, agissent à titre de nutriments, accélérant le vieillissement des plans d'eau. Le fumier peut répandre des bactéries qui menacent les plages et les crustacés.
 
Les marées noires ravagent les milieux marins. Les accidents spectaculaires des pétroliers rejettent des millions de litres de pétrole brut dans les océans. Pourtant, cette source ne représente que 5 % des 2,3 millions de tonnes de produits pétroliers qui entrent dans la mer, en majorité de petites exploitations de navires, de plates-formes de forage pétrolier en mer et de raffineries. Le pétrole tue des milliers de canards de mer et beaucoup d'autres espèces marines à cause de la suffocation ou de l'empoisonnement. En outre, 300 millions de litres d'huile, s'écoulant en grande partie des automobiles, sont déversés dans les égouts pluviaux chaque année.
 
Chose certaine, lorsque les polluants sont absorbés par un organisme, par exemple un organisme filtreur tel qu'une moule bleue de trois centimètres, qui peut filtrer de 1,5 à 2,3 litres par heure, ils sont automatiquement stockés dans sa chair. Il est intéressant de noter que ce phénomène de concentration des polluants permet de détecter les substances polluantes présentes dans l'eau de mer. Les polluants viennent ainsi de rentrer dans la chaîne alimentaire. Plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus la quantité de polluants est importante, puisque les grands prédateurs consomment une quantité importante de proies déjà contaminées. Cette problématique est bien reconnue dans le Saint-Laurent pour le béluga et le phoque commun. En effet, ces deux espèces résident dans le Saint-Laurent à l'année en plus d'être dans le haut de la chaîne alimentaire. Avec le temps, ces espèces ont atteint un haut taux de contamination des graisses. Il est important de mentionner que ces contaminants se transmettent de la mère au petit par le biais du lait maternel.
LA POLLUTION PAR LA BRUIT
Il peut sembler étonnant que le bruit soit considéré comme une source de pollution. Les sons voyagent mieux dans l'eau et sont d'intensité beaucoup plus grande que dans l'air. Pour les cétacés, on sait que les sons incessants des bateaux leur causent des dommages physiques et peuvent occasionner des changements dans leur comportement par l'attirance ou l'évitement des sources sonores.
 
Les activités humaines contribuent à augmenter le niveau sonore des océans. Étant donné que les baleines utilisent les sons pour la cohésion dans les groupes de cétacés grégaires, pour la communication entre individus pour les cétacés plutôt solitaires, pour l'écholocation, pour la détection de proies, etc., ils sont extrêmement vulnérables à ce type de pollution. De plus, mentionnons que les baleines ne peuvent utiliser pleinement leur sens de la vue, puisque la visibilité est souvent très restreinte dans le milieu marin (densité de l'eau, concentration de particules, luminosité, etc.). D'un point de vue physionomique, précisons que les yeux sont situés de part et d'autre de la tête, ne permettant pas d'avoir une vision globale, et que les vertèbres du cou sont incapables de mouvement, sauf exception chez quelques espèces telles que le béluga.
 
Les bruits occasionnés par le trafic maritime intense sont surtout présents de mai à octobre dans le Saint-Laurent, moment où la fréquentation de mammifères marins est à son maximum. Ces bruits d'origine anthropique sont susceptibles de causer des traumatismes importants aux mammifères marins, qu'ils soient temporaires ou permanents.
 
En ce qui a trait aux phoques, ils sont moins exposés au bruit sous-marin puisqu'ils passent une bonne partie de leur temps à l'extérieur de l'eau. Toutefois, ils sont affectés par la circulation maritime près des rives. Le bruit entendu sur terre peut masquer les appels des jeunes à leur mère ou encore faire fuir les individus à l'eau lors d'activités biologiques.
 
Cliquez ici pour visionner un court vidéo qui illustre bien les effets de la pollution sonore sur les cétacés. Bon visionnement!
 
 
 
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© Réseau d'observation de mammifères marins, 2016 Section administrative Mise à jour : 30 juin 2015

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